Assemblée Générale d’Ondes de Choc
20 octobre 2006
Rapport Moral (approuvé à l’unanimité)
Chers membres ( ou futurs membres ) d’Ondes de Choc,
En adoptant le nom percutant d’Ondes de Choc pour désigner notre association, nous avons voulu il y a un an amplifier et prolonger l’impact initial que nous avions amorcé en mars 2005 lorsque nous avons pour la première fois entrepris de dégager notre Poudrière, les sous-sols et le parc Saint Martin des amoncellements variés sous lesquels ces lieux étaient destinés à l’oubli. Nous l’avons fait avec un double intérêt celui d’une réhabilitation de notre patrimoine jamais séparée d’une exigence culturelle. Ainsi depuis plus d’un an, l’onde des pelles et des seaux entre en résonance avec celle des muses. C’est d’ailleurs explicitement l’objet des statuts d’Ondes de Choc.
Quel bilan après un an ?
Pour mesurer le succès de nos efforts, les Journées du Patrimoine constituent un sismographe assez fiable. En quelques chiffres : en 2005 sur une journée et demie 800 visiteurs. En 2006, sur le seul après-midi du samedi 600 personnes ont fréquenté le site avec un intérêt évident pour la pierre mais aussi pour les nombreuses animations culturelles qui répondaient parfaitement à la thématique de cette édition : « faire vivre son patrimoine ! ». Les visiteurs sur les deux années ont constaté que nous n’avions pas perdu la main sur cette année 2006, les autres ont témoigné d’une grande sympathie pour la qualité nos réalisations. Il faut par ailleurs noter que l’essentiel du public est constitué de Laonnois qui n’ont pas de rapport direct avec le Lycée Paul Claudel au sein duquel se situe Ondes de Choc. Notre souci a toujours été, en effet, de faire d’Ondes de Choc un lieu culturel ouvert sur la ville. Bref sans céder aux sirènes de l’autosatisfaction, nous pouvons être fiers d’Ondes de Choc qui compte environ 60 membres. Mais les objectifs sont encore nombreux.
Pour cela, comme nous y invite le moment solennel et rituel d’une assemblée générale nous ferons un point sur les enjeux matériels qui sont liés aux actions culturelles, actions qui elles-mêmes sont accompagnées par nos partenaires. Enfin il convient d’afficher une priorité pour 2007 :la sécurisation du lieu conditionne la montée en puissance de nos projets pour que nous puissions accueillir un plus large public.
1.Bilan et perspectives matériels
Un bilan exhaustif des centaines d’heures passées par chacun d’entre nous serait laborieux et nécessairement incomplet, il reste que les principaux temps forts 2006 ont été :
> l’abattage du mur de la Grande Galerie et l’aménagement de la circulation
> dégagement de la batterie n°6
> décaissement de l’accès à la batterie n°5
> réalisation d’un plancher dans la Poudrière
> ouverture de la cheminée sud de la Poudrière
> travaux d’électrification
> travaux de sécurisation des remparts (grillage)
Comme l’année 2005, nous avons dégagé environ 25 tonnes de gravats qui ont été emportés par les services techniques de la ville. Ces travaux ont été réalisés à un rythme souvent hebdomadaire, le mercredi après-midi avec certains élèves membres actifs d’Ondes de Choc, le soir selon les disponibilités et les domaines de compétence de chacun. La tendance aux grosses opérations collectives des débuts laissant le pas à celle plus spécifique sur des interventions ponctuelles à 3 ou 4 personnes. Depuis la rentrée scolaire 2006, le rythme de ces travaux a repris en fanfare pour les journées du patrimoine et de manière plus longue mais tout aussi intense pour les objectifs que nous nous fixons pour 2007 :
> création de 6 cheminées en surface sur les conduits dégagés pour permettre de refaire passer et l’air et la lumière
> création dans le parc du Champ Saint-Martin d’un amphithéâtre d’une cinquantaine de personnes pour les représentations théâtrales
> ouverture d’une « coulée verte » derrière les batteries du manège
> dégagement définitif des couloirs de la Poudrière
> ouverture de son accès Nord
Ces travaux sont essentiellement au service des actions culturelles.
2.Bilan et perspectives culturelles
Pour bien comprendre ce lien intime entre travaux et culture, je prendrai un exemple précis. Le plancher provisoire de grande qualité mis en place par Christophe Goulard en un temps et avec un budget remarquables (courts dans les deux cas) a permis au public lors des journées du Patrimoine de participer au «Merlette Dream».Une œuvre projetée sur la face Nord de la Poudrière qui a regroupé des anciens élèves et surtout leur compétence : l’image de synthèse pour animer en trois dimensions la fameuse merlette (symbole de la ville de Laon), des aquarelles qui servaient de fond à l’animation, de la musique enfin dans une création originale du groupe Dude constitué d’anciens élèves par ailleurs membres du Conservatoire de la Laon. Ce même groupe a par joué en surface avant qu’une Montgolfière ne vienne clore ces Journées. C’est pour ce genre de réalisation qu’Ondes de Choc existe. Au-delà de ce temps fort mentionnons durant l’année :
> la journée du 6 mai qui permi à des élèves d’Arts Plastiques d’Alice Vignal d’exposer des projets réalisés durant l’année autour des thématiques de leur programme. A cette occasion, le Groupe Dude (fidèle partenaire) nous avait offert un concert.
> Les buccoliques :représentation en plein air sur le thème des bucoliques avec les élèves de Véronique Gadret et des élèves d’arts plastiques de Catherine Pruvost
> Les élèves de théâtre de Dimitri Roger ont par ailleurs assuré des performances remarquées lors de l’après-midi des Journées du Patrimoine. Notre projet d’amphithéâtre vient de là !
Pour des raisons évidentes, la saison d’Ondes de Choc est liée aux saisons et les actions futures se manifesteront au printemps. Mais le sous-sol étant quasiment isotherme, on peut annoncer pour la première quinzaine de décembre l’exposition de 34 lettres de Poilus (prêtées par l’Historial de Péronne, en pièce jointe). Cette exposition permettra aux professeurs d’histoire de sensibiliser les élèves aux témoignages de la guerre par le biais de la correspondance. A cette occasion des élèves de théâtre d’Isabelle Mollard présenteront des poèmes d’Apollinaire.
Il faut par ailleurs noter l’engagement total et l’enthousiasme de Régis Famelart directeur du conservatoire. Il est prévu de caler des manifestations en coordination avec le professeur de musique du Lycée.
Autre partenaire avec lequel nous cherchons à réaliser un projet dans le cadre de nos moyens et de nos conditions d’accueil, la directrice de la M.A.L (Théâtre de la ville de Laon), Anne Mouy, souhaite utiliser le lieu dans le cadre de la présence d’une troupe en résidence.
Comme vous le savez, le nerf de la guerre d’Ondes de Choc est essentiellement la passion ! Cependant cette passion (seaux et muses) est épaulée par des partenaires qui nous soutiennent.
3. Nos Partenaires
Le Lycée Paul Claudel
Au premier rang des ces partenaires il faut souligner le soutien du Lycée Paul Claudel. Soutien de son proviseur Madame Hombert (qui siège de droit dans notre bureau) qui depuis mars 2005 a toujours encouragé notre démarche physiquement et moralement. Par le biais du Lycée ce soutien a également été financier puisque le Conseil d’Administration a voté une enveloppe de 5000 euros pour permettre l’arrivée de l’électricité, de l’eau et d’une ligne de téléphone dans la Poudrière, ce budget a également permis de financer la mise en sécurité des remparts. Il faut noter par ailleurs que les agents techniques qui sont intervenus à cette occasion sont allés bien au-delà de ces simples interventions. La passion est en effet communicative.
Le club initiatives de la Banque Populaire
Le club initiatives de la banque Populaire a par ailleurs marqué dès le début (dans l’esprit de ses statuts) un intérêt pour notre démarche en nous accordant une subvention de 1300 euros pour assurer les frais de communication (visuel, internet). Par le biais de notre site www.laon-ondesdechoc.com. Nous avons pu ainsi assurer la notoriété d’Ondes de Choc et surtout nous donner un outil de communication efficace entre nous et vers l’extérieur. Cette efficacité est essentiellement due au travail de Julien Vaubourg qui a toujours était extrêmement disponible, réactif. Qu’il en soit encore remercié.
La ville de Laon
Depuis le début de nos travaux, la Mairie de Laon par le biais des Services Techniques a permis d’apporter un soutien mécanique décisif. A deux reprises des engins de la Mairie ont déblayé plus de 50 tonnes de gravats et dégagé certains accès (notamment la partie sud de la Poudrière). Dans le cadre des Journées du Patrimoine, les services nous ont apporté un soutien logistique.
4. Sécurité 2007
Tout ce qui vient d’être dit est encourageant. Et nous savons que le projet d’une réhabilitation complète de la Poudrière est ambitieux et encore lointain. Cependant comme nous l’avons montré les deux activités (travail et animation culturelle) peuvent être menées de front. Il reste que nous buttons sur un obstacle majeur pour donner plus d’ampleur à notre site : les conditions de sécurité.
Jusqu’à présent dans le cadre des Journées du Patrimoine, des autorisations ponctuelles ont permis la circulation du public (des groupes de 20 personnes environ dans la Poudrière) sans que cela ne pose de difficultés. Mais pour organiser des manifestations plus importantes il faut absolument que notre salle soit équipée d’une sortie de secours. Or les moyens techniques et financiers à engager pour une telle réalisation sont importants. L’objectif principal de cette année doit donc se concentrer sur l’étude d’ une issue de secours dans la partie nord de la poudrière. Il semble qu’un dégagement par les couloirs latéraux soit envisageable ce qui réduirait considérablement les coups d’une telle opération. Les travaux récents en extérieur (essentiellement le mercredi après-midi) ont permis d’ouvrir les accès des cheminées nord. Nous avons ainsi pris la mesure du travail à accomplir, il est important mais accessible.
L’autre objectif sécurité (moins prioritaire) consiste à mettre au norme la Galerie du Champ-Saint martin. Cela permettrait au public de rentrer au niveau de la Poudrière et de sortir au fond du champ Saint Martin.
Au final et au bout de seulement et (déjà) un an, Ondes de Choc est une initiative que chacun a pu s’approprier selon ses désirs (culturels, matériels ou dans un équilibre délicat). Les Ondes travaillent donc en symbiose et de manière heureuse, mêlant élèves et professeurs, anciens élèves et personnes de l’extérieur. Avec bien entendu la passion qui anime chacun des membres dans le paradoxe de tout engagement bénévole : du sérieux exigible comme des professionnels avec la détente propre (parfois même la légèreté) à une activité faite pour nous lier d’amitiés.
Sébastien Perrot
Président d’ODC





